Le plus ancien barrage hydro-électrique de France

Le barrage de Génissiat est le premier barrage et usine hydroélectrique Français construit sur le Rhône.

L’aménagement du haut Rhône fut envisagé dès 1906 par les ingénieurs Blondel, Harlé et Mähl, puis lors de la « Mégawatt Mania » boursière des années 1920, mais resta momentanément au stade de l´étude au profit du port de Lyon. Il ne fut engagé véritablement qu’en 1933 sous l’impulsion de deux hommes : le sénateur Léon Perrier et Édouard Herriot, ancien président du Conseil et maire de Lyon.

Programmée en 1933, la construction du barrage de Génissiat (sur les communes d’Injoux-Génissiat et de Franclens) commence en 1937 et, en 1939, le fleuve est coupé pour jeter les fondements de l’ouvrage. La guerre met un frein au chantier qui est même noyé en 1940. Les travaux se poursuivent néanmoins, mais il faudra attendre 1948 pour que débute la mise en eau et soit inauguré le barrage.

Une société, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), est créée spécialement pour cet aménagement le 27 mai 1933. La CNR reçoit également la mission d’aménager le Rhône depuis la frontière Suisse (Genève) jusqu’à la Méditerranée (Marseille), au triple point de vue de l’utilisation de la puissance hydro-électrique, de la navigation et de l’irrigation.

Après la création d’EDF en 1946, il a été convenu entre la compagnie et EDF que celle-ci gérerait la totalité de l’énergie électrique produite dans les aménagements du Rhône.

Génissiat a été le premier ouvrage hydro-électrique réalisé par la CNR. Depuis cette date, la CNR a réalisé 18 aménagements sur le Rhône, dont le barrage de Chautagne.

Le site de Génissiat avait été reconnu comme particulièrement favorable à un aménagement de chute, grâce à la possibilité de constituer, sans expropriations, une vaste retenue entre des falaises très étanches.

Les travaux, bien que fortement ralentis par la seconde guerre mondiale, se termineront en 1948, époque où la production de la nouvelle centrale (1,7 milliard de kWh par an) mit fin aux fâcheuses coupures de courant de l’après-guerre.

Chef-d’œuvre de la technologie Française, Génissiat a été en son temps le plus important chantier d’Europe.

La centrale hydro-électrique de Génissiat est équipée de :

– 6 turbines Francis à axe vertical d’une puissance nominale de 66 200 kW sous 64,5 mètres de chute pour un débit unitaire de 125 m3 par seconde.
– 6 alternateurs triphasés d’une puissance nominale de 70 000 kVA.
– 6 transformateurs triphasés élevant la tension de 15 000 à 150 000 ou 200 000 Volts.

La centrale fournit une puissance totale capable d’entrainer 60 TGV.

Par son importance et sa situation, Génissiat a le rôle de coordination des aménagements hydro-électriques jusqu’à Lyon.

Le poste de contrôle centralisé (PCC) de Génissiat assure également le contrôle et la conduite des centrales avec lesquelles il est en liaison : Seyssel, Chautagne, Belley, Brégnier-Cordon, Sault-Brénaz.

Son rôle consiste à définir le programme de débit de chaque centrale, surveiller le respect des consignes d’exploitation, notamment par temps de crue, contrôler l’évolution du débit sur le Rhône et ses affluents et prévoir les débits en fonction des conditions hydro-météorologiques.

Il contrôle la bonne exécution des ordres qu’il transmet.

Un ensemble complexe de calculateurs équipe les centrales et le PCC où l’homme de quart veille 24 heures sur 24 au bon déroulement des procédures programmées.

L’ouvrage de Génissiat est constitué d’un barrage de type « poids » de 104 mètres de hauteur, qui se développe en travers du canyon sur une longueur de 100 mètres à la base, et de 140 mètres au couronnement.

La centrale, dans laquelle se trouvent les alternateurs, les turbines, les transformateurs, est située au pied du barrage et s’intègre parfaitement dans la courbe de celui-ci.

Cet ouvrage crée une retenue, véritable lac sauvage qui s’étend sur 23 kilomètres de longueur jusqu’à la frontière Suisse.

Le barrage est équipé de deux évacuateurs de crue :

– l’un, de surface, de 1200 m3 par seconde,
– l’autre, souterrain, de 1500 m3 par seconde.

Dans le cas d’une élévation du niveau de l’eau au dessus de la cote normale, le débit total des évacuateurs atteint 4000 m3 par seconde, ce qui représente le double de la plus forte crue connue. Une vidange de fond de 700 m3 par seconde permet en outre un abaissement rapide de la retenue en cas de nécessité.

A travers le barrage, 6 conduites forcées avec prise d’eau alimentent les 6 turbines de la centrale.

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