La route la plus chère de France !

En 2005 à Epinal, la rue Louis Blériot qui permet de rejoindre Dogneville, glissait et s’affaissait dans le Canal des Vosges juste en contre-bas. La fermeture complète et le déclassement de la rue fût même pendant longtemps envisagé du fait de la complexité des travaux à mener. Mais après 4 ans de fermeture et plusieurs études techniques, un chantier titanesque permis enfin de ré-ouvrir à la circulation cette rue. Retour sur cet affaissement et ces travaux qui avaient été en leur temps le chantier de construction de la route la plus chère de France !

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Cette voie naissante se déroule le long du canal des Vosges, là où le chemin de halage avait déjà péri englouti. Ici, la Moselle dessine un coude. Le courant sape le terrain. Au fil des années, l’ex « canal de l’Est » qui la longe s’était creusé de trois à six mètres. La rue Louis Blériot qui le surplombe n’y avait alors pas résisté en 2005.

C’était à l’origine une voie conçue pour un modeste trafic de chars à bœufs entre Epinal et le village voisin de Dogneville. Au début des années 2000, cette rue était devenue un axe emprunté quotidiennement par cinq mille véhicules. En 1932, le talus s’est effondré une première fois. On a construit un mur de soutènement qui a lâché en 1970, puis en 2005. Au printemps, un agent de la DDT (anciennement DDE) a alors remarqué des fissures sur le macadam. Une inquiétude justifiée. Les mesures réalisées à partir d’un tube enfoncé à vingt-neuf mètres laissaient apparaître un élargissement des crevasses : un cm et demi en une semaine. Sous la chaussée, le terrain glisse et s’affaisse. La circulation est interdite sur un sens, puis définitivement, le 11 juillet 2005.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Que faire de la route ? Au soulagement de Michel Heinrich, le maire d’Épinal, elle appartient au Département des Vosges. Se pose alors la question d’une fermeture définitive. La circulation est déviée par la rue Pierre Blanck, sur la zone industrielle de la Voivre. Le Département ordonne une commande des études de sol et géophysiques pour un montant de 400.000€. Les travaux à accomplir s’annoncent gigantesques. Il faut rétablir l’assise d’une route perchée sur un ruban instable, composé de bancs de calcaire et de couches de matériaux fins et humides. Pour consolider le sous-sol, une entreprise spécialisée devra réaliser d’énormes travaux de terrassement et de stabilisation. Facture : 2,5M€ pour le Conseil Général des Vosges. Auxquels s’ajoutent 700.000€ déboursés par VNF. Il s’agit de réparer le canal et d’empêcher que le sol ne bascule, en coulant des pieux de béton. Facture totale des travaux : 3,2 M€ pour un tronçon de seulement 80 mètres de long. Salée !

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

En 2008, les pelleteuses entrent en jeu. Elles découpent la falaise par étages. Une entreprise spécialisée du Massif Central remodèle tout le paysage : remblai blindé d’un maillage de pieux métalliques et de béton, injection de 12.000 M3 de béton, arrimage de barres de métal longues de vingt-cinq mètres jusqu’au « bon sol ». Le résultat est là. C’est une prouesse technique. En matière de travaux publics, rien n’est impossible ! Il en aura coûté 40.000€ le mètre linéaire, soit dix fois plus par exemple que la route nouvellement créée dans la base logistique de Damblain, et au moins 400 fois plus que la pose d’une simple couche d’enrobé. Mais cela reste bien moins que les routes alpines, truffées d’ouvrages d’art. Tout de même, cent ans après la traversée de la Manche, Louis Blériot aura décroché un privilège, le 4 août 2008 : attacher son nom à la route la plus chère de France !

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

Cependant, 6 ans après la réouverture de la rue Louis Blériot à la circulation, aujourd’hui de nouvelles crevasses formées dans le sol au pied du mur laissent craindre de nouveaux possibles éboulements de terrain vers le Canal des Vosges… Un avertissement de la nature ?

Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

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Eboulement de la route de Dogneville à Epinal.

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1 Comment on La route la plus chère de France !

  1. Effectivement, ça valait vraiment le coup de faire venir une entreprise spécialisée vu le résultat final… en route pour un 4ème éboulement ?

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